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boule gratuite

Boule gratuitePhilippe Berthaut
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BOULE GRATUITE!

Or je veux pas finir chien crevé au crédit agricole
à la place Olivier mort de froid gélifié ou tué à la
roue
et je veux pas signer de mon pas ce goudron
où son rêve et sa mort
ferment un règne clos
A arpenter figé la Toulouse bavarde
dans la nuit les paliers s’escaladent à l’alcool
ce que j’ai dit est mort vive ce que je dise
sortir du figement des choses arrêtées
et d’y lâcher la voix………….


Or je veux pas finir dans la chambre gelée
A engueuler le bruit de mon sang qui circule
A foutre en l’air le temps celui vous autres habitent
Veux pas être asphyxié par mes chevaux coincés
Et quitter le Blendy  par la porte qu’il sorte
remonter de la crue
pour visiter la crue
à l’heure que sous les ponts la Garonne grossit
Sous la digue je dors et la digue c’est là
où je lâche ma voix     


Qui peut dire aujourd’hui qu’un sourire d’enfant suffit
au cadenas des lèvres
que la joie est tenue dans le corps des errants
Ceux qui se sont libérés des maisons
Amortir sous la lune la chute d’habiter
et d’y lâcher la voix


           Chaque trajet répète une seule musique
           Combinarde aux hasards que l’on va rencontrer
           Le jour ne permet pas cette marée de calme
           Il est déjà quatre heures et je suis fin saoulé


Et de cette nuit perdue dans les petites boites
d’alcool
Pour rien pour gommer le passage des mots
Pour rien pour se tenir au matin droit debout
Pour rien boire tenu serrées les mains les verres
vides des cafés
Pour rien pour rien pour rien pour rien
Oh! y en a qui font pas tant d’histoires
qui s’en vont recoller leur visage défait
Préfère les images où la vie se rallume

Humer une dernière fois l’odeur de la prairie des Filtres
On aurait pu mieux vivre si ça s’était fait autrement

       Mais on sait pas où ça déconne vraiment


                   C’est même pas un lit de hasard


La nostalgie qui vient roter dans les images
du cerveau
Visiteuse mal embouchée barre-toi vite moi
je te rends tes mots
On va coffrer la nuit entre quatre verres
et même pas d’amis
On s’endort dans la lumière un peu chaude d’ici
et au matin la vie remonte ses machines
et l’on s’en va nulle part


On se prend à sept heures de paroles maudites
On voudrait voir la mort et lui casser la gueule
On voudrait boire un pot avec tous les prisonniers
On pleure comme un con sur un chien écrasé
Mais on lâche la voix


C’est du gâchis ce corps opaque aujourd’hui
à peine visité
C’est du gâchis ce jour opaque qui d’un seul coup
s’est réveillé
Qu’est-ce qu’on fout de sa vie dans les plis
du métal
dans les chanson foutues au caniveau final
On y lâche la voix


Pousse la porte et la neige est tombée
et l’on change de rive et l’on va se coucher
Déjà les petits bourgeois ouvrent leur commerce
Déjà les ponts se fracturent mais où est passée
La Garonne
J’ai mal aux yeux j’ai mal à mon regard les images
font mal
Un simple corps chaleureux pour tenir droit
dans l’âge
Un matelas quelque part dans le creux de ses mains
pour voleter liqueur pour voleter liqueur
ô alcool perdu ô nuit d’ancre
défaite
Maisons dormez maisons dormez rien ne sera fait
ce matin vous n’avez rien à craindre


Or je veux pas finir comme ce chat gelé
Que le froid a poussé près du jardin de neige
et si les gens ici ne savent pas le prendre
et l’enterrer
qu’est-ce qu’ils pourraient pour moi
qu’est-ce qu’ils pourraient pour toi
et le chat je l’ai pris dans la cicatrice bleue
de mes poumons
et les cordes tendues aux boyaux des guitares
je l’ai pris au-dedans pour lui donner de la chaleur
et je vais le lâcher et je vais le lâcher dans ma voix
               ma voix
               ma voix


 

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