Introduction aux histoires chantées

cela commençait toujours ainsi...

Cela commençait toujours ainsi.

Il entrait dans la classe, restait un moment sur le seuil.
Il les voyait pour la première fois.
Il percevait en eux l’excitation de ce qui allait se passer.
Ils pouvaient être plus de vingt.
Combien de seuils de classe avait-il franchi ? Des dizaines et des dizaines, des centaines et des centaines d’enfants,
Tous adultes aujourd’hui.

Auparavant, il avait fallu monter des dossiers auprès des institutions :
la Drac, le Conseil régional, le conseil général, les services culturels de la ville, le service d’action culturelle de l’académie etc.

Pour avoir des sous. Pour partager la création. En ce temps-là
il y avait encore de l’argent pour cela.

C’est lui qui s’y collait. Personne d’autre. Combien de temps passé ?
Cette fois ils n’étaient qu’une dizaine.
L’école Gally à Rodez.
Des enfants en difficulté.

Cela commençait toujours ainsi.

Je leur expliquais ce que nous allions faire.


Créer une histoire chantée.


C’est quoi une histoire chantée ?
Une histoire qui se chante tous ensemble.

D’abord on cherche  les matériaux pour construire l’histoire.
Cela a toujours à voir avec le lieu. Le lieu où ils vivent. La ville. Le quartier. La rue.
Dans ces lieux on cherche un lexique de mots.
Ces mots, ce sont les monuments, les anecdotes mais aussi les mots que l’on va chercher en bougeant les lettres et les sons dans par exemple : cathédrale.

Trace / carte / écart  
le triptyque anagrammatique qui me suivra partout.       
 

et aussi râle - détale - rade - lard - cale - etc.

Drac (le diable en occitan) le diable est dans la cathédrale.
La Drac (direction des affaires culturelles) tout aussi bien.


On part de cet embryon d’histoire : le diable dans la cathédrale de Rodez. Donc on va vers la cathédrale. La ville ici est une injonction :

« Rodez ! »


Il paraît que Claude Nougaro avait sur scène en passage à Rodez relevé cette injonction.
Mais les enfants ici avaient su la lire autant que lui.
Il y avait sur la place un manège. Je ne sais plus quelle place. (Celle du Sacré Cœur me semble-t-il).
Je ne sais pas non plus si nous avions effectué la visite.
Les choses se mélangent.

Il y aurait d’autres créations plus tard. Plus d’histoires chantées mais des sentiers d’écriture. (à voir également sur : http://lachaufferiedelangue.net/HTM/sentiersdecrituretlse.htm)

Les histoires chantées il a fallu les arrêter parce que c’était trop lourd financièrement. 17 quand même et 11 cassettes.

 

Les champs de pissenlit