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J'habitais la cloison

Saxophones, Flutes : François Knab
Vibraphone, Métallophone, Xylophone, Cloches, Congas : Laurent Marc
Textes et chant : Philippe Berthaut

J'habitais la cloisonPhilippe Berthaut
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J’habitais la cloison où l’ivrogne chantait
Sa journée de maraude entre boire et parler.
Le filet desserré dans l’étau de sa voix
C’est ce chant échappé vers le pré de vos corps.

J’y reviendrai à ce pays
D’où je ne suis jamais parti
Où je ne suis jamais allé.

J’habitais la couture entre terre et goudron
Cet ourlet de maison que la nuit re-découd.
Et laisse dériver sous le vieux raidillon
Un autre raidillon me traverse la voix.

J’y reviendrai à ce sentier
Que je n’ai jamais égaré
Jamais trouvé.

Maintenant asseyons-nous dans le pré

Corps d’après le plaisir
Ouverts tant que l’heure dure
Coincés au milieu des heures
Absents du monde brûlé.
Corps corps où la nuit habite
Ouverts sous le voile bleu.
L’hiver traverse la vitre
Et tu dors.

Corps d’après le travail
Caravane aux images mortes
Fatigue qui boîte ma porte
Si peu que tu sois debout.
Corps corps étonnés du jour
Courbés sous les pilons noirs
L’hiver traverse la vitre
Et tu dors.
Corps torturés cassés
Béants sous la douleur blanche
Calés dans le sang qui danse
Au bout de ta force nue.
Corps corps enroulés au corps
Ouverts aux cris arrêtés
Aux murs de toutes les chambres
Où l’on ne dort pas.

J’habite dans ta voix cet îlot démuni
Où tu chemines seul sans trop savoir comment.
T’habites dans ta voix cette porte ouverte
Qui rôde aux préaux des enfances bâclées.

T’y reviendras à ton pays
Que tu n’as jamais traversé
Jamais quitté.