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L'ovale

Saxophones, Flutes : François Knab
Vibraphone, Métallophone, Xylophone, Cloches, Congas : Laurent Marc
Textes et chant : Philippe Berthaut

L'OvalePhilippe Berthaut
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Le petit garçon cartablé apprenait la leçon de vivre
Près de la maison qu’on détruit sauf au deuxième un escalier
Le père a le seau hygiénique bien accroché au guidon vert
Entre deux mots croisés il rêve blanchi par le quartz à broyer

Et la voyageuse qui dort ses espaces de femme seule
Et l’autre moitié de son corps aurait soudain surgi de l’eau
C’est sûrement la couturière de la rue de la Gravette

Il y a au point d’arrêt du car un plan disant vous êtes ici
Qu’un homme interroge échappé de cet homme à Prague pleurant

Et  ce bus qui n’arrive pas

Voici les insulaires à la case de l’abri-bus
Petit garçon père voyageuse
Engravés dans l’attente du circulaire n°1

Voici la barque de métal et de verre
Dérivant lentement
Un bout du pont  suspendu en goguette
Voilà
Prépare ton ticket Prépare ton ticket Prépare ton ticket
Prépare ton ticket Prépare ton ticket
Le voyage il faut le payer

La porte se dégaze  revoilà l’escalier
Maintenant on va graviter autour
Comme les habits dans les hublots du séchoir automatique
Et être expulsé boule de flipper à un endroit précis
Qu’ici on nommera
L’Ovale

Comme le point de voir enfin trouvé au corps
Espace où je me jetterai
Si la mort au bout n’y était pas

Hé la mouette ! Hé la mouette !
Tu me les passes tes ailes ?
Allez ! Allez !            Hé Monsieur ? Je peux vous desservir ?
Reprendre encore la buse aux reflets tournoyants
Saccager le retard des soleils de la vie éparpillés sur le chantier
Dans le gravier
On ne bouclera pas notre tribu errante
Clandestins basculant aux dessertes du bus
Les lourdes plaies de l’imagier

Dans la case vide j’ai perdu mes pieds
Je n’ai plus de billes le sac est troué
Je pousse le galet je pousse le galet
Plouf il est tombé dans le seau du laitier
Ca fait des éclaboussures dans le ciel
J’vais déménager dans la case à coté
J’vais déménager dans la case à coté

Marelle de moi v’là les coups de minuit
Et les mots citrouilles emplissent le palais
J’ai usé mes craies J’ai usé mes craies J’ai usé mes craies

Le petit garçon remplacé récitait sa leçon de vivre
Près de la maison rebâtie sauf au deuxième cet escalier
Le père a blanchi les cheveux et déposé sa mobylette
Dans une alcôve de ma tête
Il saura où la retrouver
Et la voyageuse qui dort ses amoureuses langues d’eau
A déposé dedans ma voix l’homme de la barque posé
Il pêche encore quelques images
L’oeil enserré entre deux rives
La couturière a reprisé l’accroc de mon chant déchiré
Le conducteur porte mes âges dans la mouvance d’y rôder
Et ce bus qui n’arrive pas

Tant pis s’il ne vient pas
J’irai à pied  J’irai à pied
Pour visiter   pour visiter    l’Ovale
Fallait la voir la lune ronde droite au-dessus de la Grave

et le trou saignant dans l’épaule du mur


Rien n’enrôlera la présence exacte du lieu
On continuera de graviter autour
Das l’écart

Hé la mouette ! Hé la mouette!
Tu sais que tu vas me les donner tes ailes !

Monsieur ! Monsieur !
Je peux vous desservir maintenant ?

Oui !  Merci !               Toulouse